Pendant que l’on célèbre la journée mondiale des peuples autochtones, il sied de répéter que, les pygmées ou peuples autochtones dans notre pays, connaissent divers problèmes sur le plan socio-économique, qui les empêchent de jouir de tous leurs droits de citoyens congolais.
Au niveau international, diverses conventions ont été adoptées en vue de garantir les droits des peuples autochtones, et actuellement, une déclaration des Nations Unies est en cours d’élaboration. Sur ce point, la conférence de l’union africaine et les autres états membres des nations unies travaillent afin de trouver des solutions sur les préoccupations relatives aux peuples autochtones, à l’autodétermination, aux droits de propriété des terres et des ressources au maintien d’institutions politiques et économiques distinctes ; et à l’intégrité nationale et territoriale.
Au Congo, depuis 2004, un avant projet de loi avait été élaboré, mais qui jusque là n’a pas encore été voté par le Parlement. Il s’avère difficile de trouver l’information adéquate sur le processus de vote de cette loi.
D’aucuns pensent qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une loi spécifique pour les autochtones, car il existe déjà des textes légaux reconnaissant l’égalité de tous les citoyens congolais (Articles 7 et 8 de la constitution de 2002). Tandis que d’autres affirment que le projet de loi sur les peuples autochtones garantirait les droits de ceux-ci. Mais de quoi parle t-on au juste quand il s’agit des droits des autochtones.
Il s’agit des droits territoriaux, des droits civils et politiques, droits culturels, droits à l’éducation, droits à la santé, droit au travail, les quels sont essentiels à leur survie, à leur bien-être et à leur mode de vie.
Ces droits concernent autant les enfants, les jeunes, les femmes que les hommes autochtones adultes.
Ainsi les articles proposés pourront changer leur quotidien et leur avenir. En effet, l’article 41 par exemple traite du droit des peuples autochtones d’avoir des terres ; ce qui les permettrait d’avoir des plantations et acquérir une indépendance à l’égard des bantous. L’article 26 traitant de l’alphabétisation en milieu autochtones, permettra apparition d’une élite en milieu autochtone. La création des centres de santé communautaires adaptés aux besoins autochtones prévu à l’article 34 va résoudre le problème de santé.
Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement de soutenir le vote de la loi sur les peuples autochtones, il faudrait également la vulgariser et veiller à son application. La vulgarisation auprès des autochtones, des autorités locales et populations à l’intérieur du pays s’avère indispensable, dans un contexte où les bantous ont souvent considérés les autochtones comme inférieurs.
Très peu d’organisations de la société civile s’intéressent aux questions des autochtones. Est-ce par ce que les défis auxquels les autochtones sont confrontés ne sont pas connus ? Il y a besoin d’informer et de porter les voix des autochtones dans les arènes de décision nationales et internationales, afin qu’ils soient intégrés dans les programmes de développement.
Il faudrait reconnaître ici le travail des organisations de base, mais il est évident que beaucoup d’organisations travaillent de manière isolée et qu’il y a très peu de collaboration entre elles. Une raison pour lesquelles le Réseau National des Peuples autochtones du Congo (RENAPAC) a été mis en place avec l’appui de l’UNICEF. Nous espérons que ce réseau aura la capacité de disséminer l’information sur la cartographie des acteurs intervenant dans les questions des autochtones. Les Technologies de l’information et de la communication (TIC) devraient être au cœur de la stratégie pour s’assurer que les voix des sans voix sont portées au niveau des décideurs politiques et des donateurs.
Même après la célébration de la journée mondiale, AZUR Développement continuera à travailler pour l’autonomisation des femmes autochtones dans le pays. Ainsi, nous sollicitons l’appui du Parlement et du Gouvernement congolais pour accompagner les autochtones dans leurs efforts d’épanouissement et de développement.
Roméo Mbengou
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