Monday, June 11, 2007

ACIP lutte pour l"intégration des pygmées


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Lors d’une mission de sensibilisation des femmes autochtones sur leurs droits à Sibiti dans la région de la Lékoumou, au Congo Brazzaville du 29 mai au 04 juin 2007, Roméo Mbengou et Victorine Diaboungana d’ AZUR Développement ont interviewé Hortense Bouanga Silas, Présidente de l’Association congolaise pour l’intégration des pygmées (ACIP). ACIP travaille depuis six ans avec des autochtones de sept campements sur les soixante quinze que compte le Département de la Lékoumou.

Pouvez –vous nous parler de votre domaine d’action ?

Hortense Bouanga Silas : Nous travaillons d’abord dans le domaine du développement. Nous voulons que les pygmées travaillent, qu’ils aient leurs propres plantations pour leur autoconsommation. En principe, dans notre localité, ces peuples dépendent des bantous ; s’ils ne travaillent pas pour eux, ils ne peuvent pas avoir de quoi se nourrir.

Nous travaillons aussi dans le domaine de la santé. Ils sont exposés à toutes les maladies et n’ont pas suffisamment d’informations concernant le VIH/SIDA et nous les informons et faisons de sorte qu’ils bénéficient des campagnes de vaccination.

Nous intervenons aussi dans le domaine de la citoyenneté. Nombreux d’entre eux n’ont pas d’actes de naissance et autres pièces d’état civil, cela est du à la réticence et à l’ignorance des parents.

En effet, les parents ne déclarent pas les naissances et même quand nous le leur demandons, ils n’ont pas la motivation. C’est pourquoi il faut beaucoup d’efforts pour qu’un plus grand nombre ait les actes de naissance. Avec l’appui de International Partnership for human Development (IPHD) plus de sept cent (700) enfants ont des actes de naissance et sont scolarisés au primaire et au collège.

Quels sont les résultats que vous avez obtenus depuis 2001 ?

Hortense Bouanga Silas : Il y a déjà quelques résultats encourageants. Dans le domaine de l’agriculture par exemple, quelques femmes ont déjà leurs propres champs de maniocs et des bananes.
Par ailleurs, certaines s’intéressent à apprendre des métiers comme la couture et la coiffure, mais elles n’ont pas de moyens financiers pour payer la formation.
Un autre résultat est qu’au moins deux enfants pygmées par famille sont scolarisés ; mais un travail reste tout de même à faire parce que ces enfants sont confrontés au manque de moyens financiers de leurs parents et quelquefois sont obligés de fuir les cours. Voilà pourquoi nous pensons qu’il serait nécessaire de créer une sorte d’internat pour que les enfants soient bien suivis.

Il y a aussi une intégration comme vous pouvez le constater vous-mêmes, puis qu’il y a des couples mixtes pygmées bantous.

Pouvez-vous nous parler de difficultés que vous rencontrées ?

Hortense Bouanga Silas : La principale difficulté est qu’ils ne sont pas stables .Maintenant que la saison sèche approche ils vont partir dans les forêts pour faire la chasse, la cueillette, la pèche et pour fuir les chics. Et nous sommes obligés de parcourir des distances pour les suivre.
L’autre problème est qu’ils n’ont pas de moyens de subsistance pendant qu’ils travaillent chez eux.

Qu’est-ce qui vous aviez motivé à créer cette association ?

Hortense Bouanga Silas : En effet, pendant la guerre, nous cohabitions avec les pygmées dans leurs campements mais ils nous fuyaient, disant qu’on leur apportait la guerre et les maladies. Cela nous faisait très mal et nous avions décidé de créer une association pour les emmener vers nous et favoriser leur intégration.

Quel est votre dernier mot ?

Hortense Bouanga Silas : Je suis très satisfaite parce que votre présence témoigne que nous sommes nombreux à nous intéresser à ces peuples. A ceux qui nous liront, les photos vont témoigner les difficultés des pygmées et nous osons croire qu’ils vont nous aider afin d’atteindre
nos objectifs

Roméo Mbengou

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