Tuesday, October 06, 2009

Des femmes autochtones de la Lékoumou veulent réduire leur dépendance sur la forêt


En vue d’améliorer les conditions de vie des femmes autochtones dans la Lékoumou qui vivent encore dans la pauvreté et de réduire leur dépendance sur la forêt à Sibiti dans la Lékoumou au Congo, un projet d’AZUR Développement appuie un groupe de 11 familles autochtones dans l’éducation sur l’environnement et les activités alternatives génératrices de revenus.

La fabrication et la vente de savon comme source de revenu des femmes autochtonesOnze (11) familles autochtones vivant principalement à Indo et dans les campements environnantes ont exercé l’activité sur la fabrication du savon. Elles ont été formées et recyclées une fois par un formateur bantou. Ces femmes autochtones vendent depuis des mois leur savon au marché, dans des dépôts et leurs campements. Lorsque nous y avons été en mission, nous avons remarqué qu’elles sont devenues plus joyeuses avec des habits pour les bébés. La production du savon a sensiblemen augmenté pouvoir d’achat, et elles étaient fières de dire qu’elles peuvent disposer de 10 à 20 US$ (5.000 à 10.000 FCFA).

Une formation sur l’épargne et l’importance de travailler en groupe
Comment épargner et l’importance du groupement pour l’augmentation de la production sont les deux thèmes autour duquel était axée la formation organisée par le projet cette année. Dispensée par un spécialiste en matière d’épargne, les participantes ont compris non seulement la notion d’épargne mais surtout la notion de groupement puisque vivant de nature solitaire.22 membres des 11 familles ont pris part à cette formation qui leur a permis d’acquérir davantage de connaissances sur la gestion d’une activité.

Eduquer la jeune génération sur la préservation de l’environnement.
Les enfants autochtones n’ont pas été épargnés car plus de cinquante (50) d’entre eux ont pris part à des séances d’éducation relative à l’environnement, notamment dans les localités de Indo, Makubi et de Sibiti. Organisées pendant la période des courss d’alphabétisation au mois de juillet, ces séances créatives sur les questions questions environnementales ont été appréciées par les enfants et les jeunes autochtones.

Grâce aux posters, la sensibilisation a porté sur la flore dont les espèces végétales tels que le koko, le raphia et la sapelli ont été aisément identifiés. Entre temps un reboisement du koko s’impose étant donné que c’est denrée alimentaire devenue de plus en plus éloignés des campements.

Difficultés rencontrées « Nous sommes rassuré que le projet arrivera à son terme malgré le retard dans la mise en œuvre de toutes ces activités du à la livraison tardive d’huile de palme, le déplacement des techniciens chargés de la formation » affirme la Coordonnatrice locale d’AZUR Développement à Sibiti.

Ce projet est appuyé depuis 2008 par The Rainforest Information Centre.


A suivre…

Dieudonnée Blandine Louzolo

Des autochtones et des bantous formés dans la prise en charge psychosociale des personnes vivant avec le VIH/SIDA à Sibiti



Poursuivant son action dans la lutte contre le VIH/SIDA avec une attention particulière sur les autochtones et bantous infectées par le VIH/SIDA en particulier les femmes dans le département de la Lékoumou, AZUR Développement a organisé un atelier de formation de pairs conseillers dans la prise en charge psycho sociale du 24 au 26 Septembre 2009 à Sibiti.

La cérémonie d’ouverture officielle le 24 Septembre a été présidée par le Sous-préfet du district de Sibiti, et le Coordonnateur de l’Unité Départementale de Lutte contre le SIDA (UDLS) dans la Lékomou. « La formation des pairs conseillers sur la prise en charge psycho sociale qui débute ce jour, permettra au département de renforcer ses capacités en vue de faire face aux problèmes récurrents observés dans l’environnement communautaire et socio-culturel des personnes vivant avec le VIH, notamment la stigmatisation, la discrimination, l’inobservance thérapeutique et la déperdition des personnes vivant avec le VIH » s’est exprimé le Coordonnateur de l’UDLS dans son discours.

Au total, 25 participants provenant de Komono, Mayéyé, Mvouara, Makubi et Sibiti centre ont pris part à cette formation, qui comprenait les thèmes divers tels que les connaissances de base sur le VIH/SIDA, les visites à domicile, les groupes de parole, l’éducation thérapeutique, la santé de la reproduction pour les femmes séropositives, l’éducation nutritionnelle entre autres.

En partenariat avec l’Association pour l’Association Congolaise pour l’intégration des Pygmées (ACIP), AZUR Développement exécuter des activités similaires depuis Février 2009 dans la Lékoumou.

Cet atelier, le deuxième du genre organisé par AZUR Développement dans la Lékoumou a été appuyé par le Groupe d’Action pour les Traitement en Afrique Centrale et le Fonds de Collaboration du VIH.

Les participants sont prêts à se mouvoir sur le terrain pour les activités de suivi et ainsi appliquer les notions apprises dans les localités choisies par le projet.
« Cette formation nous aide beaucoup à comprendre davantage la maladie et comment nous pouvons nous soutenir nous-mêmes et les autres » a déclaré une participante.

En faisant la revue des activités de prise en charge psycho sociale réalisées par AZUR Développement et les prestataires depuis le début de l’année, une prestataire a déclaré « nous voulons que ces activités continuent car nous avons pu voir l’effet que cela fait de parler à quelqu’un, de se sentir écouté. Nous avons juste besoin de kits nutritionnels qui manquent toujours ».
Par ailleurs, AZUR Développement a commencé l’identification des femmes séropositives bantoues et autochtones qui seront bénéficiaires des activités génératrices de revenus (AGR) dans la Lékoumou avec le soutien de son partenaire Planet Wheeler. Les bénéficiaires de ces AGR recevront également un accompagnement technique.

L’appui de ce partenaire permettra également à AZUR Développement d’étendre ses activités de prise en charge psycho sociale à davantage de bénéficiaires dans la Lékoumou.

Force est de reconnaître que le besoin est pressant dans le département de la Lékoumour pour l’appui nutritionnel pour les personnes infectées par le VIH. Des bénéficiaires du projet ont déclaré « nous prenons parfois les ARV sans manger, nous pouvons passer la journée à manger de l’arachide. Il nous faudrait un appui pour la nutrition, car le succès de notre traitement dépend aussi de cela. » Ainsi, la distribution des vivres aux personnes vivant avec le VIH/SIDA offert par le PAM dans les villes comme Brazzaville et Pointe-Noire, n’est malheureusement pas effective dans la Lékoumou. Les personnes vivant avec le VIH ici doivent se débrouiller à trouver à manger.

Parlant des autres domaines d’actions dans ce département, dans son mot d’ouverture la Directrice exécutive d’AZUR Développement a rappelé aux participants qu’ « en dehors du VIH/SIDA, notre association est toujours très intéressée par les questions des femmes et enfants autochtones, pour lesquels les activités initiées comme l’alphabétisation, le soutien aux activités génératrices de revenus, la scolarisation des enfants vont se poursuivre pour la prochaine année ».

Monday, July 13, 2009

A young pygmy woman’s example of leadership



Sylvie (we keep her name for anonymity) is a young indigenous woman who is HIV positive. Mother of a girl of 8 years, she is on ARVs. She was the voice of indigenous women and men in the coordination committee of the psychological and social care of Indigenous and Bantu women living with HIV/AIDS in Lekoumou.

Sylvie was formed as a care provider or a peer educator during the workshop in February 2009, and after the training, she said "I am interested in this training and I am ready to participate in monitoring activities on the ground."

Still very shy at first, now she could speak without any problems with her Bantu peers; as she confirms "yes, at the meetings, we communicate as a team of family."


Her experience on the project’s coordination committee had been rewarding. “We came together once a month to review and also to plan activities for the next month". She adds, “Other care providers or peer educators as well as beneficiaries of the project were getting close to me to get more information.”

She was in the field for home visits. Once, in April, they arrived at the home of a 38-year-old woman to cheer her up so she could take her ARV treatment. She says, “I noticed that the woman had lost weight, and she also had ulcers. It was necessary for us to return to visit her a second time, and we also asked the project to send a medical team for the treatment.”

Another time, they left in May to visit a Bantu woman in Moussanda. She says, “She was surprised by the project, but was happy with our visit. She was welcoming. She had mycoses and crusting, and she said that she was going to undergo her treatment.”

As for discussion groups, Sylvie had been one of those who mobilized in indigenous camps. The indigenous people sometimes arrived late to talks on HIV/AIDS, but had become more active. There were young girls and they asked a lot of questions.

The care providers or peer educators for the talks on HIV/AIDS also raised the fact that the indigenous people thought that condoms were not giving great pleasure, and that they will no longer have children if they use condoms. That had to be corrected; to show them that using a condom was ensuring their protection. Some people asked that the discussion groups be held all year!

Sylvie ends with this appeal: “I would like the project to extend to other localities in the Lékoumou province. Communication between us and patients in distant villages should also be facilitated. We would need mobile phones to communicate.”

Her only difficulty in the coordination of the project was “the filling out of materials (activity report forms); some indigenous care providers or peer educators had trouble filing out these forms,” she confided to us.

This project was implemented by AZUR Development and ACIP with the support of Planet Wheeler Foundation.

Sylvie Niombo

Translated from French to English by Sabriya Fisher

Thursday, July 09, 2009

HIV positive indigenous women: doubly vulnerable

The situation of indigenous women infected with HIV/AIDS in the Lekoumou is complex; for these are women discriminated against by the Bantus. They don’t have the same opportunities and therefore not the same chances to pull through. This is what this story tells us.

One senior indigenous woman, a PLWHA (person living with HIV), walked for 35 km to get treated in Sibiti. Residing in Yanga Mangori, 35 km away from Sibiti, the woman, Mrs. Albertine Mboussi is a mother of five; 2 daughters and 3 sons. This woman was diagnosed during a mobile screening campaign organised by the Lekoumou department anti AIDS unit in 2007. Since then she had never taken any medicine.

Why?

The reason why she has never taken any medicine is first of all because of an ignorance of the disease. She knew nothing about the disease, nothing about the way it is transmitted or how to get treated and to keep it under control. The lack of financial means to get to Sibiti and take the medicine because, up to then, there was no funding for mobile medical units. The patients had to go to the base hospital in Sibiti whatever stage their disease is at. We must also mention how far her village was - 35 km from Sibiti, by foot is a difficult task for an ill woman. However, that time, she made it.

What happened?

During a home visit, the project team for psychosocial care of indigenous and Bantu women living with HIV in the Lekoumou - funded by Planet Wheeler Foundation - realised that she had been diagnosed as HIV positive and wasn’t on the treatment. She was therefore advised by the project providers - women like her - to go to the Sibiti hospital to start the treatment. The project team gave her the money for her journey. But she couldn’t go on her own, so she looked for money to pay for the tickets for her two daughters. They didn’t find any; having no source of income, they had to use the money for food.

As she was expected in Sibiti by the project team, she had to make her way by foot with her two daughters, one pregnant and the other with a baby. The project team welcomed them upon their arrival, the day after they'd started their journey.

Mrs. Mboussi had to be hospitalised for fourteen (14) days in the base hospital in Sibiti, at the request of the Major in charge of the base Sibiti Hospital. We had to pay for two sheets for her bed because, the hospital hasn’t got any and the patients have to manage. There was no bucket and she also needed sandals, because the majority of indigenous women go barefoot. We paid for her food during her 14 day stay in hospital. The Major of the hospital ward felt that she had to be monitored during her stay in order for the treatment not to be stopped and above all for her diet to be changed.

Today, thanks to this project, Mrs. Mboussi is better despite suffering from another illness requiring surgery.

Thus, she still needs medical as well as psychosocial and nutritional support in order to manage.

Roméo Mbengou

Translated from French to English by Frédérique Taylor

Wednesday, July 08, 2009

Un exemple de leadership de la jeune femme pygmée

Sylvie (nous conservons son nom pour l’anonymat) est une jeune femme autochtone séropositive. Mère d’une fille de 8 ans, elle est sous ARV. Elle a été la voix des femmes et hommes autochtones au sein du comité de coordination du projet de prise en charge psychosociale des femmes autochtones et bantoues vivant avec le VIH/SIDA dans la Lékoumou.

Sylvie a été formée comme prestataire lors de l’atelier de Février 2009, et dès la fin de la formation, elle avait déclaré « je suis intéressée par cette formation, et je suis prête à participer aux activités de suivi sur le terrain ».

Très timide quand même au départ, aujourd’hui, elle peut s’exprimer sans problèmes devant ses pairs bantous; comme elle le confirme « oui, lors des réunions, on se communiquait comme une équipe de famille ».

Son expérience dans le comité de coordination du projet a été enrichissante. «Nous nous réunissions une fois dans le mois pour faire le bilan et aussi programmer les activités du mois prochain ». Elle ajoute « d’autres prestataires se rapprochaient de moi et aussi des bénéficiaires du projet pour avoir plus d’informations.»

Elle a été sur le terrain pour des visites à domicile. Une fois, au mois d’avril, elles sont arrivées chez une dame de 38 ans pour lui remonter le moral afin qu’elle prenne son traitement ARV. Elle dit : « j’avais constaté que la dame avait maigri, et aussi elle avait des ulcères. Il fallait que nous retournions la visiter une deuxième fois et aussi nous avons demandé au projet d’envoyer une équipe médicale pour le traitement.»

Une autre fois, elles sont parties au mois de mai visiter une dame Bantou à Moussanda. Elle dit « elle était surprise par le projet, mais était contente de notre visite. Elle était accueillante. Elle avait des mycoses et des galles, et elle a dit qu’elle allait suivre son traitement. »

Au sujet des groupes de parole, Sylvie a été l’une de celles qui ont fait de la mobilisation dans les campements autochtones. Les autochtones arrivaient quelque fois en retard aux groupes de parole, mais étaient devenues plus actives. Il y avait des jeunes filles et elles posaient beaucoup de questions.

Des prestataires de groupes de parole ont aussi relevé dans leurs fiches le fait que les autochtones pensaient que le préservatif ne donnait pas un grand plaisir. Et qu’ils n’auront plus d’enfants s’ils utilisent le préservatif. Il a fallu corriger cela. A leur montrer qu’utiliser le préservatif assurait leur protection. Certains ont demandé que les groupes de parole se tiennent toute l’année !

Sylvie termine par cet appel : « je voudrais que le projet s’étende à d’autres localités de la Lékoumou. Il faudrait aussi faciliter la communication entre nous et les malades dans les villages éloignés. Il nous faudrait des téléphones mobiles pour communiquer ».

Sa seule difficulté dans la coordination du projet a été « le remplissage des supports (fiches de comptes-rendus d’activités) ; certaines prestataires autochtones avaient du mal à remplir ces fiches », nous a-t-elle confié.

Ce projet a été réalisé par AZUR Développement et ACIP avec l’appui de Planet Wheeler Foundation.


Sylvie Niombo

Sunday, July 05, 2009

We became a family


The project of home based care for indigenous and Bantu women living with HIV/AIDS in the province of Lékoumou in Congo just ended; at least for its first phase.

This project funded by Wheeler Planet Foundation, is the first of its kind in this province with the highest rate of HIV prevalence in Congo. Implemented by AZUR Development and ACIP for 6 months, the project has trained 15 providers of psychological and social care, Indigenous and Bantu women infected with HIV/AIDS.

They have been involved in the following activities: talks on HIV/AIDS as safe spaces and support groups during which they discussed topics on basic knowledge on HIV, questions about treatment, reproductive health for people living with HIV/AIDS
(PLWHAs), the question of HIV test, how to live with a PLWHA in the same house, the nutrition of PLWHA, and discordant couples (one spouse is HIV positive, one negative).

They conducted home and hospital visits, especially for the sick and bedridden, both in and outside Sibiti Sibiti in villages within a radius of about 30 Km

These courageous HIV-positive women have not hesitated to move on a bike on poor roads, to bring hope to their peers.

Their experience is rewarding and they are now more united than ever in the disease. There are only a few months, they had to hide to take drugs in their homes. They were taken as' dying people 'and become “useless” for their families. Some families have even disrupted by what they refused to recognize the HIV status and face the facts that we could live with HIV.

Accused of having brought the disease to their homes by their spouses, with their abandoned children, rejected by parents and desperately, the project allowed them to know each other, as they affectionately say "we became a family”.

They also through the talks and support groups received more information on treatment. They were happy to have restored the hope of their peers during the home and hospital visits and have led some to understand that fetish and witchcraft has nothing to do with HIV/AIDS. And so, they should continue to take ARVs to live and take their place in society.

For them and the project team is a first victory on stigma and discrimination faced by HIV positive people in the department of Lékoumou in Congo.

Sylvie Niombo

Nous sommes devenues une famille !

Le projet de prise en charge psychosociale des femmes autochtones et bantoues vivant avec le VIH/SIDA dans la Lékoumou au Congo vient de se terminer. Du moins pour sa première phase.

Ce projet financé par Planet Wheeler Foundation, est le premier de ce genre dans le département avec le plus fort taux de séroprévalence du VIH au Congo. Exécuté par AZUR Développement et ACIP pendant 6 mois, ce projet a permis de former 15 prestataires de prise en charge psycho sociale, des femmes autochtones et bantous.

Elles se sont investies dans les activités suivantes : groupes de parole au cours desquels elles discutaient des sujets sur la connaissance de base sur le VIH, les questions sur le traitement, santé de la reproduction pour les PVVIH, les question du dépistage, comment vivre avec une PVVIH dans la même maison, la nutrition des PVVIH, et les couples discordants (un des époux est séropositif, l’autre séronégatif).

Elles ont effectué des visites à domicile et à l’hôpital surtout pour les personnes malades et alitées, à la fois dans Sibiti et hors de Sibiti dans des villages autochtones sur un rayon de près de 30 Km.

Ces femmes séropositives courageuses n’ont pas hésité à se déplacer à moto sur des routes difficiles pour apporter de l’espoir à leurs pairs.

Leur expérience est enrichissante et elles sont aujourd’hui plus soudées que jamais dans la maladie. Il y a seulement quelques mois, elles devaient se cacher pour prendre des médicaments dans leurs maisons. Elles étaient prises comme des « mourantes » et des personnes devenues inutiles dans leurs familles. Certaines familles se sont même disloquées par ce que chacun refusait de reconnaître le statut sérologique et de se rendre à l’évidence qu’on pouvait vivre avec le VIH.

Accusées d’avoir apporté la maladie dans leurs foyers par leurs conjoints, abandonnées avec leurs enfants, rejetées par les parents et en proie au désespoir, le projet leur a permis de se connaitre, et comme elles le disent si affectueusement « nous sommes devenues une famille ».

Elles ont également à travers les groupes de parole bénéficié de plus d’informations sur le traitement.

Elles ont été contentes d’avoir remonté le moral de leurs pairs lors des visites et d’avoir amené certaines à comprendre que les fétiches et la sorcellerie n’ont rien à voir avec le VIH/SIDA. Et qu’elles devaient continuer à prendre les ARV afin de vivre et de reprendre leur place dans la société.

Pour elles et l’équipe du projet, c’est une première victoire sur la stigmatisation et la discrimination que vivent les personnes séropositives dans le département de la Lékoumou au Congo.

Sylvie Niombo

Friday, July 03, 2009

Les femmes autochtones séropositives : doublement vulnérables


La situation des femmes autochtones infectées par le VIH/SIDA dans la Lékoumou est complexe, car elles sont des femmes discriminées par les bantoues. Elles n’ont pas les mêmes opportunités, et donc pas les mêmes chances de s’en sortir. C’est ce que confirme cette histoire.

L’une d’elle femme autochtone PVVIH de troisième âge a parcoure une distance de 35 Km à pieds pour se faire traiter à Sibiti. Vivant à Yanga Mangori à 35 Km de Sibiti, cette femme, Madame Mboussi Albertine est mère de Cinq enfants dont deux filles et trois garçons. Cette femme avait pris connaissance lors des opérations du dépistage mobile organisées par l’Unité départementale de lutte contre le Sida de la Lékoumou depuis 2007. Depuis lors, elle n’avait jamais pris les médicaments.

Pourquoi ?

La raison pour laquelle elle n’était jamais sous traitement est tout d’abord l’ignorance de la maladie. Elle ne connaissait rien sur la maladie, ni les modes de transmission, ni comment faire pour se traiter et maintenir son état. Le manque des moyens financiers pour se rendre à Sibiti prendre mes médicaments, il n’y avait jusque là aucune prise en charge médicale mobile. Les malades doivent se rendre à l’hôpital de base de Sibiti, et ce quelque soit l’état d’avancement de la maladie. Il faut aussi évoquer l’éloignement de son village. 35 Km de Sibiti, même à pied pour une femme malade, c’est difficile. Elle pourtant, cette fois elle l’a fait.

Que s’est- il passé ?

C’est à l’occasion d’une visite à domicile que l’épuipe du projet de prise en charge psychosociale des femmes autochtones et bantoues vivant avec le VIH dans la Lékoumou, financé par Planet Wheeler Fondation ; a dû se rendre compte qu’elle avait été dépistée positive et qu’elle ne prenait pas de traitement. Elle a donc été conseillée par les prestataires du projet, des femmes comme elles, de se rendre à l’hôpital de Sibiti pour commencer le traitement, l’équipe du projet a laissé les moyens pour son déplacement. Seulement ne pouvant pas se rendre seule, elles cherchaient l’argent pour compléter le billet de ses deux autres filles. N’ayant pas trouver, elles n’ont aucune source de revenu, elles étaient obligées d’utiliser l’argent pour la nourriture.

Attendue à Sibiti par l’équipe du projet, elle et ses deux filles, l’une enceinte et l’autre avec un bébé, étaient obligées de faire la route. Arrivées le lendemain de leur départ, l’équipe du projet les accueilli.

Madame Mboussi a dû être hospitalisée pendant quatorze (14) jours à l’hôpital de base de Sibiti, à la demande du major, et à la charge du projet. Nous avons du payer deux draps pour son lit, car à l’hôpital il n’y a pas de drap sur les lits, les patients doivent se débrouiller. Il y avait pas de seau et aussi il lui fallait des sandales, car les femmes autochtones en majorité marchent pieds nus. Nous avons payé son repas pendant ses 14 jours d’hospitalisation. Pour le major du service à l’hôpital, il fallait la suivre pendant ces jours pour éviter la rupture immédiate du traitement et surtout changer le régime alimentaire de la malade.

Aujourd’hui, grâce à ce projet, madame Mboussi est mieux portante malgré qu’elle souffre d’une autre maladie qui nécessite une opération chirurgicale.

Ainsi, elle a toujours besoin de soutien aussi bien médical que psychosociale et nutritionnelle pour se maintenir.

Roméo Mbengou

Sunday, June 28, 2009

French, arithmetics and what else?

The indigenous girls being taught in the Lekoumou will learn to write, read and count in French. These girls, most of whom speak “Yaka”, the local dialect they share with the bantu people, will communicate more with their bantu peers.

The project which is financed by V-day is well and truly up and running. We followed the advice we were given by consultants from Population Council who’d helped Pascaline and Blanche to set up a multi-part project to promote the rights of indigenous girls.

A few teaching methods have been put into place to teach spelling and sums to the girls. So, for example, it is necessary to use an accessible language while using visuals that are appropriate to the learners’ culture and environment.

Advocacy has already been undertaken to present and explain the project to the departmental literacy coordinator and the department sub-prefect. The initiative was well received by the heads of the primary schools in Indo, Makubi and Sibiti. This will therefore facilitate the enrolment of the indigenous girls in these schools for the October start of the academic year 2009-2010.

It is obvious that in the Lekoumou department, indigenous girls are still ignored in the schooling process. The population gives the same barriers over and over again: Poverty and the Bantus’ discrimination.

But in the chosen education centres things are moving forward. All the benches and other equipments (boards and chalk) are ready. The project has acquired a motorbike to facilitate the teachers' transport around the 30 kilometres of Sibiti. That’s, at the moment, the only mean of transport available to AZUR Développement who is begging other partners for a vehicle.

What else? The project is planning to hold training sessions on reproductive health and the fight against violence towards girls in the chosen training centres.

With the support of the Rainforest Information Centre of Australia, we will also set up training sessions and learning activities on the promotion and protection of the environment with the 125 indigenous girls participating in the project. We are grateful for the support of our partners in the complementarity of the projects.

Stay connected on our blog and read about the progress of this project!

Roméo Mbengou & Sylvie Niombo

Translated from French to English by Frédérique Taylor

To increase the number of literate indigenous girls

By the start of the academic year 2009-2010, at least 125 indigenous girls aged between 8 and 20 will be able to enrol at school and/or for to practice an income-generating activity with more knowledge. This is the target that AZUR Développement and its partner ACIP set to achieve in a campaign for literacy for indigenous girls, financed by V-day and set up with the technical support of Population Council.

This literacy campaign is taking place in the Lekoumou department in the Congo and the districts 5 and 8 of Sibiti. To this day, fifty (50) girls from Makubi and thirty seven (37) from Indo are ready to start their training in the two centres. White tables and backboards have been made. School supplies for these girls were bought in Nkayi, a neighbouring town 2 hours away. Thus 125 girls will get equipment including notebooks, slates, pens and sticks of chalk.

Priority to take part in this literacy project is given to volunteer indigenous girls under 22 years of age. One of the conditions is to remain in the pygmy village for the duration of the course.

Because, unlike in the first 2 camps, not many of the girls from the districts 6 and 8 camps remain in the village during that time and some follow their semi-nomadic parents in the woods. The project team in Sibiti and the camp chiefs are working to find a solution to this challenge.

Whilst the indigenous girls are enthusiastic, the parents themselves are happy and willing to encourage their daughters. These parents wish they could take part in the project too, but they can’t because of its admission criteria. They can't wait to see their daughters learning to write, read and count! The mums are keen to see their daughters able to count so they’ll be able to better negotiate the sale of manioc leaves with the Bantus.

The boys are also very interested and are wondering why only girls have been chosen. They ask lots of questions and want to know when we are going to work with boys.
This year in June, July and August, the pygmy girls from Makubi have refused to leave for the forest with their parents. Even though it is a pygmy custom to leave the camps at this time of year to go and live in the forest.

The local project team has put mechanisms in place to encourage them to remain in the villages and undertake the training. They will be given salt and soap every time they attend a session in all three literacy centres. Why salt? Because it’s a rare commodity in pygmy communities, without any income, certain families are struggling to prepare meals with salt!

One important factor of this project is its complementarity with other activities led by AZUR and ACIP in the Lekoumou. Would you believe that the soaps are made by indigenous women some of whose daughters are benefiting from the lessons? So, AZUR collected local donations in Brazzaville which enabled them to buy the soap from the indigenous women – and everyone is a winner. These indigenous mums are involved in economic independence activities. And at their level, the change is already noticeable.

It is important to mention the fact that deciding on the age of the girls who were to take part has been a real headache. Because they don’t have a birth certificate. We had to make up their age according to their height, their morphology and also from talking to their parents about the seasons and the full moon.

Not a lot of indigenous births are reported because most of the women don't give birth in hospital, they can't afford to pay for the report (the Government has now waived the fee), they are nomads and they don’t know how important the birth certificate is.


To be continued…

Roméo Mbengou & Sylvie Niombo

Translated from French to English by Frédérique Taylor

Finally some books for the youngsters of Sibiti!

How to make youngsters interested in culture? With books. This is what the project team of the literacy campaign for the indigenous girls in the Lekoumou understood.

By setting up a library of nearly 500 books for young readers, AZUR Développement enables young Pigmies and Bantus to devote themselves to reading during the school holiday.

The library is located in the office of AZUR Développement in Sibiti district 2. It is open every day and volunteers are there to guide the readers.

The books have been donated by Books for Africa, Apprends-Moi International and students from the Lycée Français of Los Angeles.

With the support of the Rainforest Information Centre (RIC) of Australia, we'll be able to purchase an electric generator in the next few days which will enable IT equipment to be used in the library. There’s no electricity in Sibiti during the day, it is only available between 6.30pm and 10pm every night.

A computer and a printer have been brought from Ponte-Noire to be used in the Sibiti library. Then admin tasks and IT training will be able to take place. And we hope that in a short while, we’ll be able to connect to mobile iInternet as there's no Iinternet access in that area.

We’re now looking for donations of audiovisual resources for the library (a TV set and a DVD player) to be able to show educational movies to the young Pigmies and Bantus. Anyone interested can contact us at info@azurdev.org

The young indigenous girls taking their first steps in a literate world, will also be able to visit the library set up in the headquarters of AZUR Développement in Sibiti in order to extend on the basics learnt during their literacy sessions and to familiarise themselves with reading.

Please note that entry to the library is free of charge.

Roméo Mbengou & Sylvie Niombo

Translated from French to English by Frédérique Taylor